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La valorisation des sociétés de la nouvelle économie  
La nouvelle économie

De grandes espérances sont nées autour de la nouvelle économie et notamment celle d'une croissance durable non inflationniste. Les fondements de cet optimisme étaient contestables et la valorisation des sociétés a longtemps été déconnectée de la réalité. Une société comme Amazon a pu devenir la première capitalisation au monde d'une librairie, avant même de réaliser son premier dollar de bénéfice. La valorisation tendait à se baser sur une rentabilité future escomptée, pourtant hypothétique. D'autre part, de tels taux de rentabilité entraineraient des effets d'éviction de l'ancienne économie vers la nouvelle économie.

Les télécommunications deviennent un outil stratégique. On assiste en conséquence à un accroissement du chiffre d’affaires des équipementiers télécoms (Matra, Nortel), dont l'objectif majeur est de faire transiter la voix et les données. Les équipementiers spécialisés dans l'informatique et l'internet ont pendant leurs beaux jours fait partie des premières capitalisations boursières au monde (Cisco, Sun, Lucent), mais tous ont suivi la chute du Nasdaq et perdu depuis mai 2001 entre 50 % et 95 % de leur valeur.

La situation d’une start-up est particulière dans le sens où elle n’a pas vocation à devenir une entreprise familiale, transmise de génération en génération. Sa destinée est soit la bourse, soit le rachat par un grand groupe qui cherche à croître de façon externe.

Compte tenu du fait que les actifs sont rarement supérieurs aux dettes, ce n’est pas la valeur patrimoniale mais la valeur de rentabilité qui sert à l’évaluation des start-up. Leur valorisation repose donc essentiellement sur une logique d'actualisation des cash-flows. La plupart réalisent un faible chiffre d’affaires, mais les perspectives de croissance laissent augurer des profits futurs significatifs. D'autre part, la visibilité d'une société internet est mise à profit par l'acheteur, qui s'en sert pour diffuser ses propres produits et services, dont les coûts fixes sont déjà amortis. C’est pourquoi certaines start-up sont estimées plusieurs dizaines de fois leur chiffre d'affaires.

Selon Webmergers, entre 2000 et 2002, environ quatre mille sociétés internet majeures ayant levé des fonds ont été rachetées à travers le monde, pour un montant moyen de cinquante millions de dollars. Environ mille autres ont fait faillite. La finalité des start-up n’est plus une introduction en bourse, mais la vente de la société à des investisseurs, le plus souvent étrangers.

Les valorisations ont été les plus fortes au début de l’année 2001. Tiscali a-t-il ainsi racheté le 8 janvier 2001 à Kingfisher et Europatweb, 72,94 % des parts de Libertysurf pour 645,5 millions d'euros. Les années 2001 à mi-2004 ont vu un fort tassement du marché, mais depuis le milieu de l’année 2004, l’attrait pour les sociétés internet renaît.

Alors qu’il préparait son introduction en bourse, le comparateur de prix Kelkoo a été racheté au deuxième trimestre 2004 par Yahoo!, pour une somme de 475 millions d'euros comprenant la totalité des actions de la société. Kelkoo affichait 42,5 millions d'euros de chiffre d’affaires en 2003, en hausse de 177 % par rapport à 2002 (15,3 millions d’euros). L'équilibre financier (profits bruts opérationnels) avait été atteint en septembre 2002, et les premiers bénéfices opérationnels annuels à la fin de l'exercice 2003.

Début août 2004, la société américaine Lycos, filiale du portail espagnol Terra Lycos (Telefonica), a été achetée pour 111,2 milliards de wons (95,3 Millions de USD) par le portail Internet sud-coréen Daum Communications Corp. Cette transaction a été précédée par un transfert d'actifs de 435 millions USD de l'américain Lycos à Terra. La vente a exclu Terra Networks USA et la participation de 30 % de Terra dans Lycos Europe.

Les pays occidentaux, fortement concurrencés sur les secteurs de l'ancienne économie, disposent d'un avantage compétitif dans les nouvelles technologies car ils possèdent les compétences (souvent importées de pays émergents), les infrastructures et les capacités en recherche et développement. Parmi les pays émergents, l'Inde est le mieux placé pour concurrencer le leadership des Etats-Unis.

 

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